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La retouche, ou l’art de passer de l’olive au mouton

Une photo, c’est une image
Qui en aucun cas n’est le gage
De ce qui nous impressionne.
Souvent ce que cela donne
Est frustrant à tous les niveaux :
Couleur, lumière, etc. rien ne vaut
Ce que nous avions perçu.
On est fortement déçu
D’avoir raté l’instant ou l’objet.

Cet oiseau sur sa branche, un geai…
Ne se voit dans le feuillage,
Pas plus que son rauque ramage !
Pourtant on l’a vu, et ce qui nous a séduit
Et à l’image fort mal reproduit…

Eh oui, pourtant il était là, bien visible, d’ailleurs on ne voyait que lui… Il aurait fallu un téléobjectif (premier niveau de retouche sur la réalité appréhendée).

Seul le peintre (ou l’artiste en général) parle juste car il représente immédiatement avec son âme, mais il l’utilise (son âme) pour montrer non pas la réalité mais ce qu’il en perçoit, ce qu’elle lui suggère.

Le photographe aimerait en faire autant, il est artiste lui aussi. Il l’est dans ce qu’il va composer, dans la lumière qu’il va choisir d’attendre peut-être, dans les détails, les équilibres, la convergence de lignes pour qu’on voit ce qu’il veut vous montrer, sa façon de trouver l’ambiance, de travailler les ombres pour souligner, durcir ou au contrainte de les déboucher pour adoucir. Tout c’est avant la prise de vue…

Clic clac kodak, c’est dans la boite… et toc !

Mais il n’a pas le temps du peintre le photographe, il va prendre au centième, au millième de seconde tout un pan du monde, tout ce pan qu’il embrasse du regard et qui, le transportant, le porte à espérer avoir fixé l’instant de ce pan du monde.

Le problème du photographe, c’est son appareil de prise de vue, son moyen de captation de l’instant. Les capteurs sont tellement moins performants que nos yeux que pour rendre l’impression (ou une approche de cette impression) que l’on peut avoir avant de déclencher, un logiciel travaille et nous offre une image plus ou moins conforme à la réalité (une certaine réalité) avant d’être enregistrée dans un format numérique précis (le fameux .jpg en général).

Les photographes travaillent en .raw (format brut et fade, mais très manipulable car non encore manipulé). Souvent, si l’amateur s’est contenté de réglages sans fioriture (« couleurs naturelles »), il pourra tirer parti des images produites en .jpg. Elles sont en général fort acceptables pour l’impression des souvenirs… mais le photographe qui veut aller au-delà du souvenir aura peut-être envie de renforcer l’effet de son image, de la recadrer, de la redresser, de lui titiller les contrastes. Et cela peut vite devenir impossible s’il avait choisi « couleurs vives » et que les blancs sont déjà cramés et les ombres trop carbonisées.

2 retouches mineures : léger contraste et teintes
des fantaisies pour adapter l’image à un ensemble par exemple
une fantaisie classique : la saturation des couleurs
une fantaisie plus débridée
l’image brute de base pour ces exemples

La plus vraie parmi ces images n’existe pas…
Elle vient simplement de ce qui se rapproche le plus de ce vous, photographe, voulez montrer pour que ça colle avec votre ressenti. Si vous êtes simple spectateur alors vous pouvez aimer ou pas l’une ou l’autre, mais vous ne vivrez jamais l’expérience du photographe là où il était, ni quand il y était, et encore moins dans quelle plénitude il pouvait être*…

Olives olivettes

Vous jouez à cache-cache
Avec moi, avec le soleil, avec les feuilles,
Dissimulées dans les ombres,
Glissant des doigts telles des anguilles toutes rondes.
Olives olivettes vertes ou noires
Olives bleues violettes, olivettes roses
Ou d’un jaune tirant un brin de vert,
Olives entre raisins et cerises, ou l’inverse
Vous me tournez les sens…
Et le mistral, et le soleil,
Et les clochettes des ovins échappés
Qui ont envahi l’enclos des équidés
Et qui vont fuir paisiblement devant moi
N’arrangent rien pour ma concentration…

Photos bucoliques sans autre retouche qu’un coup de pouce aux hautes lumières et un léger renforcement des ombres.

__________________

* J’ai entendu un jour cette anecdote : La petite fille d’Anouilh (Gwendoline Hamon) eut un jour à produire une analyse d’un texte écrit par son grand père. Elle alla directement à la source pour répondre au question qui devait servir l’analyse. Jean s’en amusa et raconta ce qu’il en était de son état d’âme quand il avait écrit ce texte. Gwendoline eut une mauvaise note…

Si je me souviens un peu, j’ai entendu ça à la radio dans une émission où Gwendoline Hamon devait faire sans doute la promotion de son roman « Les dieux sont vaches« .

Nature…

Panorama_1

La nature jamais ne se lasse pour nous étonner,
Mais nous étonnons-nous ?
Sa maternelle essence la rend souvent trop anonyme
Trop quotidienne, trop humble aussi.
Elle nous tend la main, mais tendons-nous l’œil, l’oreille ?
Dans le tohu wa bohu de nos sociétés
Peut-on encore nous ouvrir à son discret silence ?

Naissance...

Elle attend que l’humain se réveille,
Réveille son humanité sans doute trop banale
A côté de ses rêves d’infini, de planètes à investir,
De technologies, de voyage en virtualité…
Mais ne sera-t-il pas bientôt trop tard
Pour penser à allumer notre si fragile flamme
Au feu vivant de la sienne ?

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