Vrac en début de printemps

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Quelques images qui parlent !

Il suffit de regarder au tour de soi

Et d’écouter.

Christian Bobin :
« Un peintre c’est quelqu’un qui essuie la vitre entre le monde et nous
avec de la lumière, avec un chiffon de lumière imbibé de silence. »

Entre ici et VictorH et l’écologie humaine

Pour ce billet :

  • Le fil du temps ne tient parfois qu’à un poil… : galerie d’image
  • une réponse à Victor H pour une écologie humaine.

Réponse à Victor H. (1802, 1885) pour une écologie humaine

(cliquez sur le premier vers qui est de VH)

Ceux qui vivent, ce sont ceux qui luttent, dis-tu
Ô grand Victor. Ton discours est pointu,
Mais est-ce bien raisonnable ? Car vois-tu,
Je crois qu’une lutte, même honorable,
Un dessein, parmi les plus admirables,
Un destin sans défaut, le plus enviable,
N’atteindra jamais la vertu du cœur,
Qui, plus loin que n’importe quel bonheur,
Se donne à travers le geste sauveur,
Se partage dans un simple regard,
S’accueille comme une grande œuvre d’art.

Que valent l’arche, le mur, la porte, le pain
Si l’on ne joint pas le cœur à la main ?
Ils seront bien farine, bois, pierre, airain,
Mais sans le plus qui les rendrait vivants,
Ce petit plus qui rend tout éclatant,
Et parle à l’âme comme à un enfant.

Car le plus lourd fardeau, c’est d’exister sans vivre.
Poursuis-tu dans le propos de ton livre.
Je dirais que c’est d’être sans covivre,
Sans avoir ici une âme à aimer,
Là-bas encore une autre à protéger,
Et partout, plein d’autres auxquelles penser.

Les fourmis des cités n’ont pas d’espace
Autre que leur solide carapace
Pour les défendre des sombres rapaces
Qui en veulent à leur âmes troublées,
Leurs âmes fragilisées, accablées
Par le gris sale des cités bondées.

Les fourmis des cités se pressent, se serrent
Et s’isolent jusqu’à manquer du bon air,
Pour fuir, pour oublier la lumière.
Et là elles ne trouvent point la chaleur,
Qui pourrait leur ouvrir la voie du cœur.

Leur vie devient coutumière fadeur.
Ceux qui luttent sont rarement francs-maçons
Mais âmes tenant un caparaçon.
Ceux qui vivent, ce sont ceux qui aiment. Ce sont
Ceux dont la joie éclaire la tristesse
Ceux dont le fardeau trouve l’allégresse,
Ceux qui gardent un espoir en la liesse.

Le cœur : il nous faut en trouver l’accès,
Il est si proche mais si loin du succès !
« Le plus long voyage de ta vie, c’est
de ta tête à ton cœur. » (Fire Lame Deer).
Ce lakota avait raison de dire
Cette chose simple qui prête à rire.

Patrick Roussel

Passe le temps

Temps arrêté,
Forme innocente et naïve
Forme fantasque, libre,
Forme inattendue, imprévisible.
Mouvance figée

Passe le temps qui fige les formes
Arrive le temps qui donne les formes
Ainsi va la vie
Qui arrête et mobilise tout.
Ruptures colorées

Lignes insolentes
Brouillard confus
Nuée hirsute
Non, neige tailladée
Par un soleil indifférent

Nuage ou neige ?

La ligne qui dessine,
Les lignes qui fascinent,
Fouillis ou pureté…
Les lignes séduisent,
Étouffent ou guident,
Parlent d’une histoire
Sans son passé ni son devenir.

Bon Noël, humains de tous poils

Noël au froid de l’année
Est une promesse pour tout le monde :
Le soleil reprend sa route vers les hauteurs du ciel.

OLYMPUS DIGITAL CAMERAMais ce n’est pas tout.
Ce soleil est en chacun de nous aussi,
Profitons de ces douze jours pour l’encourager à briller,
À éclairer le chemin de nos vies, à nous donner la direction à prendre.

Printemps ?RésistanceDistorsion lumineuseTerre fe feuRemontée

Si chacun fait l’effort,
Imaginez que nous emportions le monde,
Avec ses sociétés et même notre maison, la nature Terre,

Fanfreluches natures     OLYMPUS DIGITAL CAMERA  peter_90_1

Les aspirations de chacun
Aspirations vers la beauté, la vérité, la bonté,
Suivraient son élan, timidement au début de la route,

Et quand, au prochain solstice
Le soleil physique redescendra, nous, nous aurons de l’élan,
Un élan que le Noël prochain ne pourra que relancer, plus fort, plus puissant.

Bon Noël, et que l’humanité dans les cœurs gagne sur l’ombre qui voudrait bien nous garder avec elle.
Bon Noël à tous, amis et visiteurs, croyants ou athées, jaune, noirs, bleus, blancs, verts et rouges, ainsi que ceux qui sont en demi teinte, panachés, irisés ou moirés.

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Sans image : Comprendre l’autre

Voici un long poème, ou plutôt une longue prose poétiquement libre d’une amie qui nous a quittés voilà bientôt quinze ans. Son ami, Janos, un roumain, était tombé sous les balles franquistes quand ils étaient dans la fleur de l’âge, alors qu’il(s) voulai(en)t libérer l’Espagne de son joug.
Pilar n’a jamais voulu écrire plus que pour elle-même ce qui touchait à son intimité mais elle m’a remis une liasse de papier qui jaunit en me disant : si ça peut aider…
A l’aube de Noël, je crois que celui-ci peut aider :

Janos,
« Tout est question de point de vue »,
Disais-tu au moins une fois par jour.
Et moi je t’aimais pour ton point de vue,
À partir duquel tu éclairais mon monde.

Janos tu avais dit :
« Rien ne sert de vouloir comprendre l’autre,
il suffit de l’aimer »
Mais moi, si petite à côté de toi,
Je croyais t’aimer pour ça,
Je croyais te comprendre,
Par amour, je voulais te comprendre.

Par la mort qui est venu te prendre
J’ai su que ton message
Était tout ce que j’avais pris de toi avec moi,
Car je l’avais compris ce message.
Fabuleux message !
Seulement un message…

Ton message n’était pas  »toi ».
Après un peu plus de deux ans de nos folies,
Je ne savais pas qui tu étais,
Et, même avec mes souvenirs,
Nos quelques souvenirs si densifiés,
Je ne sais toujours pas qui tu es,
Et c’est trop tard.

Notre conscience n’est que sensorielle,
Et on oublie trop souvent
D’être attentif à un sens
Qui nous ouvre à autrui
En nous donnant à autrui.
On l’entend, le voit, le sent,
On le touche, on le goûte même,
Mais tout cela n’est qu’apparence d’Être.

On se réchauffe contre autrui parfois,
Cela va déjà plus loin,
C’est moins superficiel.

Totalement dématérialisé,
On perçoit son langage,
On vit ses pensées,
Dans tous les moyens qu’il met
À les exprimer, les manifester.

Mais on n’oublie de vibrer avec lui,
En présence du corps,
Mais au-delà de la chair,
On omet la résonance des corps,
Audible dans l’harmonie de leur chant.

Pourquoi n’es-tu plus là ?
Je sais que nous étions deux pour nous épauler,
Ensemble pour s’aimer,
Ensemble pour semer,
Ensemble pour aider.
J’entendais ton discours ;
Mais j’étais sourde à tes cris,
À ta douleur d’être incarné
Je m’aveuglais à ce que tu voulais,
Je t’aimais pour ta fougue autant que pour moi
Quand je marchais avec fierté à tes côtés.

J’aurais du être simplement ta canne,
Pas le fer de lance de tes idées !

Encore ici tu avais raison :
À quoi sert de vouloir comprendre l’autre ?
C’est au mieux généreusement égoïste
Si l’on sait poser les (bonnes) questions.

L’important est d’être présent,
Pour être l’appui quand la vie fait défaut,
Quand un coup fait vaciller.

Aveugler par ta force,
Je ne l’ai pas vu venir ce coup qui te fut fatal.
On ne pouvait l’éviter sans doute,
Cette traîtrise,
Mais j’aurai du la sentir,
Ne serait-ce qu’en tant que femme…

Le coup à sonné. Tu as crié.
Tu t ‘es effondré,
Les yeux fermés
À jamais.
As-tu su combien j’ai eu mal de ta blessure ?
Elle saigne encore en moi.

L’amour est ce qui scelle les chemins,
Ce qui fait que l’un marche dans les pas de l’autre
Et vice versa
L’amour est aller ensemble mains dans les mains
Sur les mêmes sentiers de la vie,
M^me au-delà de la vie.

Te souviens-tu,
En regardant dans tes yeux
Je voulais te boire,
En posant mes lèvres sur les tiennes
Je voulais t’aspirer,
En laissant courir tes caresses
je voulais me sentir par toi…
Quelle arrogance, quelle prétention !
J’aurais du t’offrir mes yeux pour que tu t’y mires,
Ma bouche pour que tu t’y abreuves,
Mon corps pour que tu y dormes ;
Et ne rien prendre pour moi !

Être à l’écoute, seulement à l’écoute.
L’amour, c’est l’accueil, l’attente, l’ouverture,
L’amour c’est le don total,
C’est révéler l’être aimé, à lui-même au moins,
Avant soi-même,
Avant toute prétention de plaisir.
Et combien te dois-je sur ce point !…
Quand tu m’aimais je prenais ce que tu m’offrais
En croyant me donner.

Quand nous unissions nos corps dans l’oubli de l’espace,
Quand le monde disparaissait aspiré par nos baisers, nos caresses,
Quand tu brillais en moi dans nos suantes ardeurs,
Là, nous pouvions nous comprendre mutuellement,
Jusque dans l’intimité de nos chairs.

Quand tu allumais le soleil dans mon ventre,
Quand tu me donnais, bien plus que tu me prenais,
Quand je ne savais plus où j’étais moi et où j’étais toi,
En ces instants que les âmes puritaines qualifient de lubriques
(Mais sans lesquels seul le viol apporterait l’enfant),
Par l’ardeur de nos ventres, nos vies se comprenaient.
Cela aurait du me suffire pour que je te prenne avec moi,
Que je te com-prenne,
Toi mon com-pagnon
Qui partageait notre pain et notre peine avec moi.

Si on analyse le monde pour le comprendre
C’est parce qu’on est hors de lui.

L’animal qui en est sa chair palpitante n’a pas besoin de le comprendre,
Il le vit.
Mais nous autres humains,
Nous devons parfois comprendre le monde pour l’aimer,
Et à trop vouloir le comprendre il en devient un étranger
Qui nous laisse froid, même si c’est un froid émerveillé.
Le monde n’est jamais vraiment en nous,
Car on n’est jamais totalement en lui.
En serait-il différemment si ce monde est un humain ?

Autrui, autrui n’est pas le monde,
Autrui est un monde qui ne se dévoile que très partiellement,
Qui ne dévoile que ce qu’il veut de lui.
Autant alors être-là pour le soutenir dans son cheminement,
Totalement là pour lui, rien d’autre,
Comme un geste fondamental d’amour,
Sans chercher à prendre de force
Ce qu’il veut garder,
Ce qu’il ne sait pas qu’il peut montrer.

Vouloir connaître plus que vouloir comprendre
Voilà le but !
Vouloir Naître avec plus que prendre avec
Connaître, et accompagner

Pour aimer autrui, il suffit d’être à son écoute
… et plus si affinité, pourquoi pas ?…

Ta bien-aimée Pilar.